mercredi 12 avril 2017

Grave- Julia Ducournau - 2017


Justine vit dans une famille de vétérinaires végétariens, tendance bobo chiant (pléonasme ?). Bref, comme toute adolescente digne de ce nom, elle n’a qu’une envie… s’émanciper. À 16 ans, elle est une adolescente surdouée sur le point d’intégrer l’école véto où sa sœur ainée est également élève.
Comme dans toutes bonnes hautes écoles, elle va se trouver confronter à moult bizutages et autres humiliations censés renforcer la cohésion du groupe (youpi !). Du coup, on l’oblige à manger de la viande et crue s’il vous plait, pour le jus c’est meilleur ! Réaction de dégout au départ, puis peu à peu une envie irrésistible de viande, de sexe, et des deux mélanger (Prend, ceci est mon corps… Mais volontiers mademoiselle, par quel bout dois-je commencer ?)

Après des années et des années de navrances filmographiques du genre en France, où le plus souvent les « références » prenaient le pas sur le film en lui-même (on ne citera personne, la liste étant plus longue que le sexe d’un acteur porno), voilà, enfin, une œuvre qui surprend et qui sans prétention (ou à peine) parvient à mêler drame, horreur et en creux une critique sociale de la société de consommation et de l’individualisme rampant.



Souvent brillant dans sa métaphore du passage de l’adolescence à l’âge adulte, comme dans la thématique Eros vs Thanatos, le film se perd un peu jusqu’à un final par trop ironique et qui manie un humour noir pas forcément adaptée à ce qui précède. Ce n’est pas bien grave (marrant ça) ceci dit et ça pourrait en amuser certains.
Grave sent le Cronenberg des débuts, entre chair et sexe, il possède des passages éprouvants (surtout pour ceux qui n’ont jamais rien vu de ce genre avant…pauvres hères !) où le sang coule à flot comme un bateau ivre pris dans une tempête de sens.
Et afin de faire mon malin, on peut aussi y voir les traces d’un autre film où le désir est abyssal et l’envie irrépressible, Trouble Every Day (tiens, faudra que je le revoie celui-ci) réalisée par une autre femme (tiens, tiens) Claire Denis.

Un film de genre qui fleure bon le hors sentiers battus, iconoclaste et qui donnerait presque envie de lier des liens d’amour et de sang, évidemment.

Chronique d'ici ou d'ailleurs :



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