vendredi 9 décembre 2016

The Curse Of Frankenstein - Frankenstein S'Est Échappé - Terence Fisher – 1957








Fort éloigné du livre de Mary Shelley, mais aussi du Frankenstein de la « Universal », le premier film d’horreur gothique de la Hammer donne une place prépondérante au savant par rapport à sa créature. Peter Cushing se chargeant de lui donner corps dans un rôle qu’il reprendra à moult reprises avec beaucoup de talent.
Le baron Frankenstein met la recherche scientifique au-dessus de toutes autres considérations, quelles soient morales, éthiques ou religieuses. Seul compte le but final qui est de recréer la vie en laboratoire. Un être totalement amoral qui ne se laissera pas entraver ni par son mentor, ni par les préjugés de la société.
On a, pour tout dire, peine à imaginer aujourd'hui combien l’horreur à dû être vive à la vision de ce savant sans scrupules réussissant à faire naître du néant une créature repoussante incarnée ici par un tout jeune Christopher Lee.



L’apport pour la première fois de la couleur dans une œuvre d’épouvante (enfin presque, puisque le «House of Wax » d’André de Toth date de 1953), les décors gothiques transposant l’univers Victorien au cœur du monde germanique, la mise en scène intelligente de Terence Fisher, la beauté de la photographie, le jeu des acteurs, la présence d’un érotisme diffus et le traitement audacieux de l’histoire font de ce film une des pierres angulaires du cinéma fantastique mondial.
Immense succès outre-manche et aux Etats-Unis (où il terrassa « Le pont de la rivière Kwai »  en termes de recette), «  Frankenstein s’est échappé » marque le début du mythe Hammer. .


Comme le faisait remarquer, à l’époque le Centre catholique de radio et télévision : « S’abstenir (d’aller voir le film) par discipline chrétienne ».

Chroniques d'ici et d'ailleurs :




jeudi 8 décembre 2016

Midnight Meat Train - Ryûhei Kitamura - 2009


Leon Kaufman est un photographe dont les clichés hautement provocants ne suffisent pas à le faire accéder à la notoriété et au milieu artistique. Afin de séduire la responsable d’une galerie d’art, il se décide à aller encore plus loin dans l'exploration des aspects les plus sombres de l'humanité. Alors qu’il apprend la disparition d’une jeune femme qu’il avait sauvée des griffes de voyous, Leon croise sur sa route un tueur en série, Mahogany, qui traque les banlieusards prenant les derniers métros pour rentrer chez eux, et qui les tue avec une sauvagerie inimaginable. La fascination de Leon pour Mahogany va le conduire de plus en plus loin au cœur même de la ville et de ses profondeurs.

Le gros point noir du film, selon moi, c'est la manière dont le réalisateur film les s »séquences de violences horrifiques. La caméra s'affole, bouge dans tous les sens, le montage est épileptique et empêche de voir de manière suffisamment précise les dégâts occasionnés aux victimes et c'est très énervant mais à la mode, c'est la marque de fabrique de Kitamura qui pense que ça donne du panache alors que ça ne fait que désamorcer la tension. De l’esbroufe façon vidéo-clip quoi !



Une fois ceci dit, le film est efficace et suit de très près, peut-être un peu trop d'ailleurs, la nouvelle originale du génial Clive Barker.

On retiendra une tension qui monte crescendo, des personnages bien campés et en particulier le physique impressionnant du boucher tueur à qui on n'a pas franchement envie de demander son chemin, ainsi que le choix des armes de celui-ci dont l'impressionnant marteau.

La fin est cousue de fil blanc mais c'était aussi le cas de la nouvelle. Comme toujours chez Barker la chair est sanglante après son attendrissement.

Probablement une des meilleure adaptation du romancier (en même temps, il y en a peu) mais qui manque cruellement de la finesse dérangeante de la nouvelle.


Sépamal quoi et c'est en adéquation avec son époque dans sa réalisation malheureusement.


Chroniques d'ici ou d'ailleurs :



mardi 6 décembre 2016

Slap Shot - La Castagne - 1977


Une médiocre équipe de Hockey de ligues mineurs est la risée de la ville et de son public. De plus, la principale usine de la ville va fermer ses portes et le club devra également mettre la clef sous la porte. C'est alors que l'entraineur-joueur aidé par trois nouvelles recrues, les frères Hanson, brutes sans complexe, vont tenter de redonner des couleurs à l'équipe pour leur dernière saison en prônant un jeu que l'on peut qualifier de «viril ».

En tête d'affiche, Paul Newman, dont on dit qu'il carburait à la bière lors du tournage, histoire de se mettre dans l’ambiance, mais les vrais stars du film ce sont bien les frères Hanson, véritables hockeyeurs professionnels dans la vie, brutes au cœur d'ados attardés qui s'en donnent à cœur joie au grand dam de leurs adversaires dispersés façon puzzle sur la glace.

L'ambiance y est outrée, l'humour décapant, le spectacle clownesque et que c'est bon !



N'empêche que sous des atours de comédie, le film sait aussi décrire une communauté en proie à la crise économique et la vie simple mais difficile d'une petite ville ouvrière au quotidien morose et emporter par les requins de la finance ( déjà en 1977, comme quoi cela ne date pas d'hier que le capitalisme financier détruit tout sur son passage, mais ça on le savait déjà.)

Ceci dit, on n'est pas ici dans un film des frères Dardenne, vous savez le genre de truc qui donne envier de tourner le gaz et d'enfouir sa tête au plus profond de son four domestique.
Au contraire,


Le mieux étant de visionner celui-ci dans sa version Québécoise, dialecte Joual . Le langage y étant aussi fleuri qu'un parterre de fleurs devant une mairie d'un village azuréen.  

dimanche 4 décembre 2016

Quatermass 2 - La Marque - Val Guest


La Marque...un film marquant ( vous me ferez trois Pater et deux Avé Maria pour ça !!)

On nous cache tout, on ne nous dit rien. Bien avant « X-files », bien avant « Les Envahisseurs » et surfant à l’évidence sur « L'invasion des profanateurs de sépultures »  sorti en 1956, « La marque » mélange à merveille la paranoïa d’une invasion extraterrestre, la lutte pour garder son identité humaine et un suspense de tous les instants, tout en évitant de sombrer dans la charge anti-communiste des films de SF états-uniens de l’époque.

De bizarres météorites (en fait des artefacts d’origine non terrienne) s’abattent à proximité du laboratoire du professeur Quatermass. Celui-ci, se rendant sur place avec un de ses assistant, a la surprise de découvrir que son projet de base lunaire a été intégralement construit en plein cœur de la lande anglaise.
Son assistant, brûlé par l’un des nombreux artefacts trouvés sur place, est littéralement enlevé par des gardes sortis de la nouvelle ville.
Alors qu’il cherche à savoir ce qui est arrivé à son collègue, le professeur Quatermass va vite se rendre compte que si ce projet est classé top secret par son propre gouvernement, il recèle en fait un mystère bien plus incroyable et terrifiant mettant en jeu ni plus, ni moins que l’avenir du genre humain. 



A l’instar de sa première aventure (Le Monstre), cette seconde apparition du professeur Quatermass, un scientifique tout en énergie, procure un vrai plaisir avant tout grâce à son scénario carré et cohérent permettant de toujours maintenir l’intérêt du spectateur. Sa courte durée (1 h20) est également à souligner car elle ne permet pas les digressions et les longues plages de dialogues qui souvent plombent ce type de production. 
Malgré un budget toujours aussi serré que du café noir (mais moins que celui de Quatermass Xperiment, semble-t-il), une mise en scène sans réelle inventivité et une fin qui ne surprendra pas grand monde, on se prend très vite au jeu de l’enquête que mène le bon scientifique surtout que celle-ci déviera très vite vers des implications aux conséquences universelles. Le fait de très peu voir les gros vilains E.T. dans un climax qui fleure bon le petit budget, empêche celui-ci de sombrer dans le grotesque et prouve qu’une certaine suggestion est toujours une bonne idée de mise en scène. Un des tous meilleurs films de SF des années 50 et même au-delà. 

Note : Contrairement aux apparences, Quatermass n'est pas le père de Jeanne Mas.

samedi 3 décembre 2016

Rectuma - Mark Pirro - 2003


C’est l’histoire fabuleuse d’un homme dont la nymphomane et insatiable de femme veut se débarrasser par tous les moyens, ne rêvant que de dixit « se taper des grosses bites de noires «. Il a un travail débile dans un tri postal, tout le monde se fout de lui et pour accompagner ses cornes naissantes, il doit subir à intervalles de plus en plus régulier de profondes et fulgurantes douleurs anales. Classieux quoi...

Après être allé chez un proctologue, celui-ci lui annonce qu’il va bientôt mourir suite au viol intempestif dont il a été victime par une grenouille verte mexicaine (Mexican Butt Humping Bullfrog dans le texte ) et lui donne l’adresse d’un spécialiste : un médecin chinois qui le soignera avec une suppositoire radioactif en lui intimant l’ordre de faire des bains de siège dans l’océan sans quoi son cul risquerait de devenir radioactif.  
Et bingo !!! , le gros oublie ce « léger » détail ( le bain dans la mer, faut suivre ! ) et dés lors son arrière-train devenu une entité indépendante, quitte son corps au moindre énervement, déclenchant meurtres et dévastation sur son passage.




Evidemment avec un tel pitch, on entre directement dans la sphère éthérée de la grande philosophie, à mi-chemin entre Karl Marx, Emmanuel Kant et Confucius;;; au bas mot. 

Tourné en vidéo avec un budget frôlant celui du PIB annuel de la Macédoine au temps de la grande peste noire, Rectuma est une parodie du film de monstres à tendance Japonais ( Godzilla et autres monstres géants), dont le mérite le plus évident réside dans l’aplomb incroyable a tout oser, 

Débile au plus haut point, assumé de bout en bout, mélange réussi de « Kaiju Eiga « japonais et de l’esprit Troma, ce petit film distille tout le long une vulgarité constante. Une honte pour le septième art, une insulte au bon goût, à la culture et même à la civilisation. Drolatique. Une certaine idée du cinéma en somme. 

Aussi profond qu'une coloscopie, en somme.

Chronique ici ou là :


vendredi 2 décembre 2016

Scarface - Brian de Palma - 1983


L’ascension vertigineuse et violente, puis la chute tout aussi violente d'un petit truand immigré du paradis sur terre qu'est la Cuba Castriste.

Cela faisait un bon moment, une quinzaine d'années sûrement, que je n'avais pas revu ce film, monument du cinéma.

Drôle de film, par ailleurs, dans la carrière de Brian de Palma, probablement son plus connu et pourtant très peu représentatif de son cinéma ( selon moi du moins). Peut-être car il n'en a pas signé le scénario et qu'il délaisse, pour un temps, quelques unes de ses obsessions et de ses thèmes de prédilections, théorie du complot, manipulation et méfiance face aux images ( assassinat de Kennedy, guerre du Vietnam oblige) ; Néanmoins d'autres sont bien présents comme ces personnages vivants dans une réalité fictive qu'ils se sont eux-mêmes crées.

Quoiqu'il en soit Scarface c'est comme le bon vin, le temps en faisant ressortir les meilleurs arômes et les meilleures fragrances ( oui je sais, c'est beau, j'eusse pu écrire pour la collection Harlequin).

Plongé implacable et semble t-il crédible dans l'univers des pontes du trafic de drogue étasuniens. Semble t-il car de par chez moi, la seule chose que l'on trafique, mais avec talent et doigté, c'est le vin rouge.

L'ambiance recrée est magistrale, que ce soit au niveau des décors qui sont une ode au mauvais goût à chaque plan, des dialogues qui donnent toutes sa noblesse au mot « fuck » prononcé il paraît 207 fois ( quota largement dépassé depuis ) ou d'un scénario au petits oignons écrit par Oliver Stone, qui prouve par la même qu'il est bien meilleur scénariste que réalisateur ( tiens, prend ça toi!) et évidemment de la mise en scène soyeuse de De Palma.



Ambiance violente, cynique quelque part hors du temps du commun des mortels, d'un milieu plus corrompu qu'un Balkany et ou seul le plus méchant, le plus requin, le plus malin, le plus dur s'en sort, avant d'inévitablement succomber à quelqu'un de pire et de plus animal que lui.

Qui dire d'autres sans tomber dans le lieu commun ( encore plus s'entend) ?

Que Al Pacino est immense ? Que Michelle Pfeiffer est belle à mourir ? Que la scène du début dans la douche et avec la tronçonneuse est une merveille de mise en scène tant la violence y est présente alors que tout y est suggérée ? Que la séquence finale de la fusillade est magnifique de grandiloquence ?

Pas la peine, non ?

Si, un petit mot pour dire que sur le thème du truand, je préfère quand même « L'impasse » du même Brian de Palma et toujours avec Al Pacino, sorti en 1993 et sa dimension mélancolique voire Shakespearienne ( ça y est, je l'ai placé ça!)

The Word was yours


Rideau.  


Note : Liste des films où le mot "fuck" est le plus prononcé :


mercredi 30 novembre 2016

Le Cas 39 - Christian Alvart -2009


Déjà vu 39 fois.

Emily Jenkins est assistante sociale. Elle pense avoir tout vu parmi les situations familiales les pires... jusqu'à ce qu'elle ait entre ses mains un dossier bien mystérieux, celui d'une enfant de 10 ans, Lilith.L'assistante sociale est convaincue que Lilith est maltraitée par sa famille, ce qui sera vite confirmé quand les parents essayeront de tuer leur unique fille en la faisant cuire dans un four ! ( la crise se fait durement ressentir même aux USA, on dirait)
Emily parvient à arracher la jeune fille à son foyer et décide de la garder avec elle en attendant une bonne famille d'accueil. Mais elle ne tardera pas à découvrir que Lilith n'est pas si innocente qu'elle le pensait et que les apparences sont le plus souvent trompeuses.

Alors évidemment, Le cas 39 n'est pas d'un originalité folle, c'est le moins que l'on puisse dire. Le coup de l'enfant qui se révèle diabolique on l'a vu dans pléthore de films, au moins depuis « La Malédiction » en 1976. De plus on connaît à l'évidence comment tout cela va finir et on échappera malheureusement pas à un happy-end de rigueur et je hais quand ça finit bien !



N'empêche que la petite fille fout la frousse, que certaines séquences sont plutôt bien troussées, que la tension est parfois palpable et que l'on a même droit à un poil de fantastique dans la dernière ligne droite. Ca se suit donc sans ennuyer, c'est déjà ça. Rien d'autre à ajouter sauf à vouloir faire de la prose à la ligne.

Sépamal quoi.


Note : Si jamais Renée Zellweger veut que je sois le cas 40, je suis totalement disponible.