L’histoire d’un
bateau qui préfère se suicider plutôt que d’entendre une
nouvelle fois Céline Dion brailler. Même les objets ont une
mémoire.
Le cinéma actuel m'emmerde, donc c'était mieux avant. Des centaines de VHS, des centaines de DVD, des dizaines de V-2000, quelques Blu-Ray et même trois Laser-disc. Objectif ? Tout revoir et chroniquer ces films avant la fin du millénaire. Et si possible démontrer que le soleil est rouge et qu'il se lève à l'EST ( mais ça on le sait déjà).
dimanche 18 décembre 2016
samedi 17 décembre 2016
Van Dre Di 13 - Friday the 13 th - Cheun Cul Ninnh Ham - 1980
Mais pourquoi, pourquoi, pourquoi, me
suis-je imposé de revoir ce machin ?
Une bande de djeunz boutonneux ( on les
voit pas les boutons mais c’est à cause du maquillage ) totalement
crétins et crétines arrive au bord d’un lac pour passer leur été
dans un camp de vacances à s’occuper de chiards, de moutards, de
morveux de tous types. Sauf que là on les verra pas, vu que c’est
avant l’ouverture du camp proprement dit que cela se passe.
Bref, donc ils arrivent et au lieu de
mettre en ordre le camp, ils passent leurs temps à relire Proust, à
s’abreuver de culture gréco-romaine, et à disserter sur la place
de la peinture flamande dans la révolution française, hein ?
non en fait ils ne font que boire, fumer et baiser ( ils font aussi
caca, mais ça on le voit pas, le caca étant métaphorisé par
l’intégralité du métrage ).
Et alors ? alors rien, mais rien
du tout, sauf que les garçons sont rigolos dans leurs shorts
moulants façon joueurs de foot de l’As St Etienne des années 70.
Et puis vlan ! V’là t’y pas
que l’autre qu’est censé être mort il y a longtemps, en fait il
est pas mort ! Et non ! Il a passé plus de 20 ans dans
l’eau, il est un peu fripé mais sinon il pète la forme le Jason (
oui c’est son nom, ça veut dire le fils de Ja en anglais. ), sa
mère aussi d’ailleurs, ils sont fous tout les deux et ils tuent
tout le monde et voilà.
Alors lorsque l'on lit sur Wikipédia,
je cite « Le réalisateur crée une œuvre d'anthologie sous
plusieurs aspects, et intègre tous les éléments propices aux
grands classiques des films d'horreur : décors magnifiques, suspense
haletant jusqu'au final, musique obsédante et angoissante, meurtres
à l'arme blanche en gros plan,... Et que dire du jeu excellent des
acteurs. ».
Soyons clair, et pas la peine de me
contredire, je déteste cela, ça me fait des remontées acides dans
l’estomac !
1 / Si vendredi 13 est une œuvre
d’anthologie, moi je suis curé défroqué.
2/ Si ce sombre étron conservateur
possède des décors magnifiques, je mange un âne ! Un lac,
trois morceaux de bois pour le camp et 5 arbres, c’est pas un décor
magnifique, c’est un décor )
3 / Si ce joint de culasse encrassé
possède un suspens haletant, c’est uniquement pour les
asthmatiques.
BEATI PAUPERES SPIRITU (Bienheureux les
pauvres d'esprit.)
Chroniques d'ici ou d'ailleurs :
http://horreur.com/?q=node/2031
http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=1496&NamePage=vendredi-13-friday-the-13th-dvd
Bonus : Démo du jeu vidéo sortie sur la NES en 1989. Aussi bon que le film, si on ose dire .
http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=1496&NamePage=vendredi-13-friday-the-13th-dvd
Bonus : Démo du jeu vidéo sortie sur la NES en 1989. Aussi bon que le film, si on ose dire .
vendredi 16 décembre 2016
Le Cauchemar De Dracula - Horror of Dracula Terence Fisher – 1958
Sans aucun doute le film
emblématique, non seulement de la Hammer, mais aussi de Terence
Fisher, de Christopher Lee et de Peter Cushing.
Rarement l’adéquation
entre la modestie du budget qui oblige à être ingénieux,
l’intelligence de la mise en scène, la qualité du jeu des
acteurs, la splendeur de la photographie, le rythme du montage et la
beauté ténébreuse qui se dégage des décors, n’auront été
portés à un tel niveau. Le cauchemar de Dracula représentant la
perfection du métrage réalisé en studio.
A plus de cinquante ans
de distance, il est étonnant de voir combien ce film a finalement
peu vieilli, surtout si on le compare à la quasi-intégralité des
films d’horreur des années 50.
La courte durée (1 h
20), le montage nerveux, les allers et retours entre les différents
personnages donnent du rythme à l’intrigue, la volonté "Fisherienne" de mettre constamment en exergue la couleur rouge,
symbole du vampirisme, dans un nombre conséquent de plans (ici une
tenture, là un rideau, ailleurs un meuble, un livre, un élément
quelconque du décor), la qualité de l’interprétation et
notamment celle monstrueuse (dans tous les sens du terme) de
Christopher Lee, « l’érotisation » de la morsure du
vampire (il faut voir comment les futures victimes se pâment
littéralement dans l’attente de la visite du maître des ténèbres,
telles des maîtresses alanguies dans l’attente toute proche de
l’orgasme que leur procurera la fatidique morsure), les décolletés
vertigineux, la beauté toute victorienne des décors et des
actrices.
Tout cela concourt à
faire de cette relecture (très libre) du roman de Bram Stoker, un
magnifique moment et l’un des plus grands films de vampires de tous
les temps, ni plus, ni moins. Intemporel comme Dracula.
Un dénommé Gilbert
Salachas, critique émérite écrivit lors de sa sortie en France :
« Le cinéma qui est un art noble, est aussi, hélas une école
de perversion : un moyen d’expression privilégiée pour
entretenir et même créer une génération de détraquées et
d’obsédés. »
Vous voilà prévenus !
Chroniques d'ici ou d'ailleurs :
mercredi 14 décembre 2016
The Revenge Of Frankenstein - La Revanche De Frankenstein - Terence Fisher - 1958
Sa sépulture renferme à sa place, le cadavre décapité du prêtre devant lui donner les derniers sacrements au moment de son exécution. Il va s’installer dans une ville allemande, pour y devenir le médecin le plus connu et apparemment le plus généreux de celle-ci, allant jusqu'à soigner gratuitement les indigents. Son but étant en fait de se servir de ces derniers pour poursuivre ses travaux et recréer enfin la vie.
L’argument trouvé pour ramener sur le devant de la scène le Baron Frankenstein fut un immense choc en 1958. Oser tuer un prêtre (même si c’est de manière totalement suggérée évidemment) pour permettre à un docteur fou de poursuivre ses expériences étaient totalement inconcevable et d’une incroyable transgression des valeurs et de la morale de l’époque. C’est pratiquement l’Antéchrist qui revenait à la vie !
Au-delà de ce début ma foi fort couillu, le film se déroule comme dans un rêve de cinéphile amateur d’épouvante.
Le rythme est trépidant, aucun temps mort, le montage "Fishérien" faisant une nouvelle fois des merveilles, la qualité de la photographie s’enrichit ici d’un étonnant travail sur la lumière, faisant baigner certains lieux (notamment le laboratoire clandestin du Baron) dans les lumières rouges et vertes donnant une certaine irréalité à l’ensemble.
Peter Cushing campe une seconde fois avec un talent immense le plus célèbre des scientifiques déviants. Son personnage reste un roc de volonté massive, inarrêtable dans sa soif de connaissance et dans son absence totale de remords, un être qui à bien y regarder est totalement inhumain, uniquement préoccupé par sa grande œuvre, son but, son Graal, créer un être vivant à partir de morceaux de cadavres (un hobby primesautier s’il en fut).
La plus grande réussite du film se situe d’ailleurs probablement dans sa mise en avant du Baron par rapport à sa (ses) créature(s), il devient le personnage central, Fisher s’éloignant donc un peu plus du roman de Mary Shelley afin d’en faire une œuvre personnelle et audacieuse. La chute finale dynamitant définitivement le lien entre le livre et son adaptation, en faisant entrer le personnage de Frankenstein dans le cercle restreint de ces mortels capables de revenir à satiété d’entre les morts (25 ans d’avance sur les Freddy, Jason ou Myers, mais si, mais si), ce qu’il ne se privera pas de faire encore plusieurs fois, le bougre.
50 ans après sa sortie, « Le retour de Frankenstein » reste le meilleur film de la Hammer sur le sujet et un des tous meilleurs (avec « La Fiancée de Frankenstein » tout de même) de l’histoire du terrible Baron et de son monstre.
Intemporel et immortel. God not bless you.
Chroniques ici ou là :
http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=519
http://www.iken-eiga.fr/film-1068-La-Revanche-de-Frankenstein.html
http://www.telerama.fr/cinema/films/la-revanche-de-frankenstein,14936.php ( non ? Tu déconnes ?)
Taxi Driver - Martin Scorsese - 1976
« La solitude
m'a suivi toute ma vie. Partout. Il n'y a pas d'échappatoire. Je
suis un homme de Dieu solitaire ».
C'est l'histoire
d'un homme, disloqué par son passage au Vietnam et qui,
pathologiquement, souffre de solitude. A partir du moment où il ne
peut posséder la femme qu'il désire, il part à la dérive et pète
les plombs.
Il va essayer de
tuer celui qui représente le père, le sénateur, de celle qu'il ne
peut avoir. Il échoue. Tue un maquereau qui représente le père
d'une fille qu'il pourrait avoir mais qu'il ne veut pas. Dès lors et
ironiquement, il dévient un héros alors qu'il n'est qu'un
psychopathe qui va, à n'en pas douter, recommencer à sévir.
Être seul entouré
de milliers de gens.
Le personnage que
joue De Niro, Travis Bickle, n'arrive pas à gérer son
environnement, à être « comme tout le monde », il
essaie, il tente mais n'a pas les codes pour se faire.
Engrenage.
Ne pas avoir ce
qu'il veux avoir, ne pas vouloir ce qu'il a, engrenage qui amène à
la solitude et qui la renforce. Travis Bickle se crée et alimente,
lui-même, sa propre solitude
Morale.
Lorsque l'on revient
du Vietnam, que l'on est seul, que l'on vit dans cette sorte de
dépotoir à ciel ouvert qu'était le New York des 70's au milieu «
des excréments de la Terre », comment ne pas devenir fou ?
On ne peut pas dixit Scorsese.
« You talkin'
to me ? »
Magistral, triste,
violent, une merveille.
mardi 13 décembre 2016
Tales Of Frankenstein - Curt Siodmak - Pilote télé – 1958
Pilote télévisuel d’une série de 13 épisodes de 30 minutes...qui ne vit jamais le jour. Coproduction anglo-étatsunienne entre la Hammer et la Columbia, cet unique épisode aurait dû être intitulé « The face in the tombstone mirror ».
Curieux mélange entre les films Universal des années 30 et le style gothique tout juste naissant du studio Londonien, Tales of Frankenstein a été écrit et réalisé aux USA par un certain Curt Siodmak, scénariste d’une flopée de films d’épouvante dans les années 40 et 50 (notamment deux « Frankenstein-movie » : « Frankenstein Meets the Wolf Man » en 1943 et « House of Frankenstein » en 1944).
L’ouverture nous montre classiquement le monstre, qui, à peine revenu à la vie, tente d’étrangler son géniteur. Ce dernier le maîtrise et pense que l’attitude de la créature est due au fait qu’elle possède un cerveau de meurtrier. Il lui faut donc un cerveau plus « respectable ». Sur ces entrefaites, le baron reçoit la visite d’un couple, dont le mari est gravement malade et qui lui demande de le sauver. Il refuse au nom de la morale. Le mari décède, il est enterré, Frankenstein vole le corps, greffe le cerveau sur la créature. La femme du défunt découvre la supercherie, part à la recherche de feu son mari. Le monstre s’échappe en reconnaissant son ex-épouse, il tombe alors devant un miroir et voyant ce qu’il est devenu, se met à poursuivre le baron dans le but de l’occire. Tout ce beau monde arrive dans le cimetière où était enterré le corps de Monsieur, la femme réussit à raisonner la créature et celle-ci décide de mettre fin à ses jours en plongeant dans sa tombe. Frankenstein est arrêté, mais déclare qu’il recommencera (il ne manque plus que le rire sardonique).
Si ce pilote bénéficie de la présence de bons acteurs, notamment Anton Driffing (que l’on retrouvera dans un autre Hammer « The man who could cheat the death », puis dans le classique « Le cirque des horreurs » ) et la ravissante Helen Westcott, il n’est en revanche qu’un empilement de poncifs et de clichés éculés (même pour l’époque) sur Frankenstein et sa créature. De plus, la réalisation sans éclat (en fait totalement télévisuelle) et le noir et blanc tranchent avec la nouvelle vision de l’épouvante apportée par Terence Fisher au même moment.
Pas ennuyeux mais sans aucune surprise, Tales of Frankenstein est une curiosité que tout le monde peut voir sur la plupart des sites de vidéos en ligne, celui-ci étant depuis longtemps tombé dans le domaine public.
Pour ceux que cela intéresse, le voici en VOSTFR :
lundi 12 décembre 2016
Le Cercle Rouge - Jean-Pierre Melville - 1970
Le commissaire
Matteï, de la brigade criminelle, est chargé de convoyer par le
train Vogel, un détenu. Mais celui-ci s'enfuit en pleine nuit et
demeure introuvable, malgré un important dispositif policier.
Pendant ce temps, à
Marseille, un gardien de prison propose une "affaire" à
Corey au moment de sa libération. Après s'être rendu chez Rico,
Corey gagne Paris en voiture. Il recueille par hasard Vogel qui, dans
la forêt de Fontainebleau, lui sauvera la vie en abattant deux
hommes de la bande de Rico, lancés à sa poursuite.
Matteï, chargé de
retrouver Vogel, cherche à faire parler l'un de ses indicateurs,
Santi, patron d'une boîte de nuit.
« Quand les
hommes, même s’ils s’ignorent, doivent se retrouver un jour,
tout peut arriver à chacun d’entre eux, et ils peuvent suivre des
chemins divergents ; au jour dit, inexorablement, ils seront réunis
dans le cercle rouge. »
Melville atteint,
ici, une sorte d'abstraction stylistique (joli non?), avec cette
intrigue limpide qu'il étale pourtant sur plus de 2 heures, faisant
la part belle à ses personnages et allant toujours plus loin dans
l'abstraction, le mutisme (une scène de braquage de plus de 25
minutes quasi-muette, sans musique ni rien) et le dénuement. Tiens,
d'ailleurs, il serait de bon temps que les cinéastes actuelles
adeptes du montage épileptique et de la multiplication à l'excès
des plans dans le but de, soit-disant, donner du rythme, regarde
cette séquence et qu'ils aillent pleurer de honte !
Exercice de style
revendiqué et parfaitement maîtrisé, Le cercle rouge prend son
temps pour installer son atmosphère, là où d’autres auraient
coupé une bonne heure de plus pour filmer la même histoire.
Ses "héros"
évoluent quasi exclusivement dans des espaces clos (voitures, bars,
maisons), prisonniers du cadre certes mais aussi de leur condition.
Si les mouvements de caméra sont rares, la mise en scène dit
beaucoup plus que par les dialogues qui deviennent du coup superflus.
Comme souvent chez
le père Melville, rien de bon ne peut arriver à la plupart des
protagonistes, leurs avenirs étant déjà tout tracés et ils se
retrouveront inévitablement dans le cercle rouge, celui au mieux de
la désillusion, au pire de la mort.
On n'échappe pas à
son destin, car tous les hommes sont coupables dès la naissance. On
se croirait dans un église protestant en train d’écouter un
prêche Calviniste !
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