vendredi 5 mars 2021

Roadgames - Déviation Mortelle - Richard Franklin - 1981

 




Un routier indépendant, Pat Quid, doit acheminer de la bidoche porcine d’un bout à l’autre de la vaste Australie.

Son chemin va croiser à plusieurs reprises celui d’une camionnette dans lequel un tueur en série semble avoir élu domicile. Pat va décider de le traquer suite à la disparition d’une auto-stoppeuse qu’il avait pris en….stop (non ? si !) un peu plus tôt.


Roadgames, traduit en français de manière funambulesque «Déviation mortelle» est un road-movie mâtiné d’une belle once de thriller et d’un tout petit soupçon de fantastique.


Construit autour de cette vieille ganache moustachue de Stacy Keach, pas encore starifié en donnant ses traits pour l’éternité (au minimum) à Mike Hammer, on suit le périple qui conduit notre camionneur et son chargement de viande de porcs à travers le pays des Kangourous.


Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage, heureux qui comme Ulysse à vu cent paysages, certes, certes. N’empêche que notre Ulysse à belles bacchantes, lui, ne verra que le désert qu’il traverse d’Ouest en Est en longeant la Grande Baie Australienne (prenez une carte, rechercher le pays en bas à droite, c’est au Sud dudit pays, merci.)

Un voyage qu’il effectue dans sa cabine avec son chien, pardon son Dingo (qui n’est pas le chien de Mickey, mais son ami, ce qui n’a rien à voir vu que Mickey n’apparaît pas dans Roadgames).


Le film est divisé en deux parties à peu près égales. La première est un «road-movie» des plus classiques avec beaucoup de parlottes, de dialogues, de monologues entre Pat et son Dingo notamment. Des dialogues parfois savoureux qui permettent d’entrer tranquillement dans le film comme l’on se glisse dans une paire de charentaises moelleuses à souhait.

Que Pat prenne en stop une auto stoppeuse à forte charge pondérale et cerveau inversement proportionnel en termes de poids, ou qu’il commence à échafauder des plans sur l’intriguant vanne qui le suit ou le précède ; il garde toujours son côté sympa, comme le sont tous les vrais routiers.

Puis, Roadgames, bascule lentement, presque insidieusement vers le thriller à forte valeur inquiétante.

L’accumulation de bizarreries, de concours de circonstances, la montée dans la cabine de Jamie Lee Curtis tout juste sortie d’ «Halloween», de «Fog» ou du «Monstre du train», puis sa disparition, tout cela va rendre Pat Quid soupçonneux et le lancer à toute berzingue derrière l’Émile Louis local.

Quelques petites notes fantastiques plus loin (des yeux qui apparaissent, un plan sur le tueur dans son vanne en plein orage), Pat et le meurtrier finiront par s’affronter dans une belle séquence finale voyant le gros camion pourchasser le vanne du meurtrier dans des ruelles de plus en plus étroites.

Mise en scène ultra fonctionnelle, donc sans afféteries particulières, mais d’une solide précision pour Richard Franklin prouvant qu’il fût un des bons réalisateurs du renouveau du cinéma populaire Australien dans les années 70/80 ( voir «Patrick», «Link» ou «Psychose 2» pour s’en convaincre tout à fait).

Le jeu des acteurs n’est pas, non plus, pour rien dans le plaisir que l’on prend à suivre ce sympathique thriller sur asphalte. Outre un Stacy Keach encore svelte et fort crédible dans son rôle et une Curtis toute jeunette, l’amateur risque de reconnaître quelques gueules croisées dans d’autres films Australiens de l’époque. On notera aussi une belle musique de Brian May responsable en chef des bandes originales de ce côté-ci du monde, «Mad Max», «Harlequin», «Soif de sang», «Le survivant d’un monde parallèle», ou «Les traquées de l’an 2000».

Pour terminer : 70 kilos

Pourquoi 70 kilos ? C’est la différence de poids du chargement de porc dans le camion, entre le début et la fin du voyage.  La réponse a ce mystère nous sera révélée dans une séquence finale empreinte d’un humour noir assez savoureux.

La déviation est donc pour le moins recommandable. Prenez-la sans hésitation.


Chroniques d'ici ou d'ailleurs :

http://www.regard-critique.fr/rdvd/critique.php?ID=4979

https://www.arte.tv/sites/olivierpere/2019/01/13/deviation-mortelle-de-richard-franklin/

https://lepetitcinemadestephane.blogspot.com/2017/02/deviation-mortelle.html

mercredi 3 mars 2021

Bruno MATTEI : 1931-2007 aka Vincent Dawn, Michael Cardoso, Norman Dawn, Bob Hunter, Werner Knox, Pierre Le Blanc, Jimmy Matheus, Martin Miller, William Snyder, George Smith...

En paraphrasant le primesautier Staline s’adressant au non moins guilleret Pierre Laval (un peu de culture prolétarienne ne faisant jamais de mal) en ces mots : "Le Vatican, combien de divisions ?", voici la question du jour : "Bruno Mattei, combien de films ?".

Si vous avez la réponse, écrivez-nous sur une carte postale, ça nous fera plaisir.


En fait et selon toute vraisemblance, Bruno s’en moquait et ne devait même pas le savoir. Il a juste fait du cinéma pour gagner sa vie, un peu comme l’immense majorité des gens, il a bien dû payer ses factures et décorer sa gentilhommière.


C’est un peu dur comme analyse me direz-vous ? Peut-être, mais à la visions de son oeuvre on reste frappé par le peu d’envie de faire ne serait-ce qu’une seule fois un métrage original ou même simplement potable. C’est aussi pour cela qu’on l’aime !

Cette capacité à rendre aberrant le moindre scénario, déraisonnable la moindre direction d’acteurs, crapuleux la mise en scène et crapoteux la copie servile de films à succès ; tout cela mérite bien une place au panthéon du 7 ème art.


"Tout est bon dans le cochon, tout est mauvais dans le Mattei" (c) Confucius.


Bruno Mattei, de son vrai nom Bruno Mattei (mais si ) est né le 30 juillet 1931 à Rome en plein triomphe du fascisme italien (oui, ça n’a aucun rapport avec l’oeuvre, mais on vous avez prévenu que ce serait un papier placé sous le signe de la culture). Après avoir passé son enfance à tendre le bras droit dans sa belle chemise noire et à marcher au pas, il va suivre les traces de son père, monteur de profession. Il va se charger de plus de 100 films dans cet art méticuleux et ingrat qu’est la mise dans le bon ordre de centaine de rushs.


Et c’est là, lors d’une de ses interminables nuits à scruter et couper de la pellicule qu’il eut LA révélation de sa vie. Si certains arrivent à faire autant de mauvais films, pourquoi, lui, n’y arriverait-il pas ?


Curieusement son premier film en 1970 est un drame : "Armida, il dramma di una sposa" qui reçut de bonnes critiques en Italie. Inutile de préciser que ce sera la seule et unique fois pour Bruno. Mais, sa carrière débute réellement sept ans plus tard avec un "naziploitation" dénommé en France "Hôtel du plaisir pour SS". Surfant sur la vague des Ilsa et autre "Salon Kitty", Bruno délivre un film sans âme, mais avec tout ce qu’il faut de sexe et de perversions pour satisfaire le marché de l’exploitation. Ce sera sa marque de fabrique pour les années à venir.


Tournant vite et avec peu de moyens, il va se spécialiser dans la copie servile des grands succès pour profiter de la mode du jour. Réagissant au quart de tour aux lois du marché, il va enchaîner quasiment tous les genres du bis. De 1977 à 1990, il réalise en moyenne trois films par an !


Petit tour rapide et non exhaustif des genres abordés par ce cher Bruno :



Naziploitation donc : "KZ9 - Camp d'extermination" toujours en 1977.


Mondo : "Le notti porno nel mondo"(1977) presenté par Laura "Emanuelle" Gemser ou "Le sexe interdit" (1979)


Comédie érotique et égrillarde avec Ilona Staller, plus connue sous le nom de Cicciolina : "Cicciolina amore mio" (1979) ou "Cuginetta... amore mio !" la même année.


La nunsploitation : "Les novices libertines" ( La Vera storia della monaca di Monza ) en 1980 ou "L’autre enfer" toujours en 1980


Le péplum érotique : "Caligula et Messaline" - 1981, "Les aventures sexuelles de Néron et de Poppée" - 1982


Le WIP (acronyme de Women in Prison) : "Pénitencier de femmes" - 1982, "Révolte au pénitencier de filles" 1983


Le post-apocalyptique avec le grandiose blockbuster "Les rats de Manhattan" en 1984


La vietploitation (Des Rambo sans le sou) : "Strike Commando"- 1987


De la SF guerrière avec l’inénarrable "Robowar" - 1989


Du shark-movie avec le sémillant "Cruel Jaws" - 1995


Du film de canniboules, "Horror Cannibal" et "Horror Cannibal 2"


Sans oublier, bien sûr, le film de zombies avec "Zombi 3" où il remplace au pied levé un Lucio Fulci qui ne s’en remettra jamais. Et évidemment son Taj mahal, son temple d’Artémis, son jardin suspendu de Babylone, son phare d’Alexandrie, le désormais mythique "Virus Cannibale" !

Sorte d’hommage hilarant et dégénéré au "Zombie" de Romero, bien connu des amateurs de mauvais films sympathiques. Un des plus mauvais film de tout les temps ? Il y a concours.


Mais aussi du western, du thriller, des comédies et même une mini-série télé d’aventure : "Appuntamento a Trieste" en 1987.


Formant une paire diabolique avec le redoutable Claudio Fragasso, scénariste ou co-réalisateur de beaucoup de ses films à partir des années 80, Bruno Mattei est décédé le 21 mai 2007 à Rome d’une tumeur au cerveau. Son décès provoqua une onde de choc dans le milieu du cinéma. Télérama le mit en couverture, Libération titra sur huit colonnes "Mort d’un génie voyageur" et les cahiers du cinéma sortir un numéro intégralement consacré à l’homme, l’oeuvre, la légende.


Réalisateur d’une époque révolue (celle de la fin de la grande époque du bis italien) et surnommé le "Ed Wood Italien" par certains, espérons qu’il atteigne la même notoriété posthume que ce dernier, il le mérite.


Un hommage devait lui être rendu en ces pages, c’est chose faite


mardi 2 mars 2021

La nuit des pétrifiés – La plus longue nuit du diable - The devil's nightmare - Au service du diable - Jean Brismée -1971






Succombez à la succulente succube 


Berlin 1945. Alors que les alliés bombardent la ville, une baronne met au monde une fille mais meurt en couche. Le baron, voulant absolument un garçon, la tue (après l’avoir baptisée tout de même !). Plus tard, on apprendra qu’une malédiction pèse sur la famille du baron, une journaliste qui enquête sur ce sujet en paiera le prix fort. On la retrouvera morte de terreur, apparemment attaquée par un succube !

C’est alors qu’un groupe de touristes arrive au Château après s’être perdu dans les environs. Très vite ils vont s’apercevoir que cet endroit n’est pas spécialement conçu pour y passer des vacances de tout repos. Le baron fait des expériences dans son laboratoire, chaque pièce semble avoir connu un funeste événement, le maître d’hôtel est lugubre, etc.

On se doute bien que le groupe ne va pas passer un paisible moment dans ce lieu de villégiature et que cela va mal finir pour eux.

Oh ! un film bis belge (italo-belge en fait, évidemment toujours là les italiens). Suffisamment rare pour s’en réjouir, surtout quand il est de cette qualité.

On peut d’ailleurs regretter que Jean Brismée n’ait réalisé que ce seul et unique film, tant il est une petite pépite du cinéma bis des années 70.


Le film s’ouvre sur une séquence particulièrement cruelle où l’on assiste au meurtre d’un nouveau-né, un couteau planté de le coeur (et sans la moindre suggestion s’il vous plait !).

«  La nuit des pétrifiés » est un curieux mélange d’épouvante gothique à l’italienne, d’un peu de surréalisme et d’une bonne dose d’érotisme. 


La présence d’un casting féminin à faire tourner les têtes (et pas que …) n’est bien entendu pas étrangère au plaisir que l’on prend à la vision de cette oeuvre, si on n’échappera d’ailleurs pas à la traditionnelle scène d’amour féminine entre deux des donzelles (et c’est tant mieux !), c’est surtout le rôle de la sublime et plantureuse Erika Blanc qui marquera les esprits. 

Succube sexy au décolleté déroutant, dans lequel le regard des hommes et des femmes se perd pour y commettre les pires péchés (gourmandise, luxure...). Véritable tornade d’érotisme, elle prend les âmes des pauvres hères pour les offrir à son maître Satan (Daniel Emilfork et son étrange visage semblant tout destiné à tenir ce type de rôle).

Bien difficile de ne pas succomber à la succulente succube ! 


Les protagonistes se verront irrésistiblement attirés et périront dans les pires conditions (tête tranchée, enfermés dans une vierge de Nuremberg, défenestration, étouffement.. ), jusqu’à ce que le dernier d’entre eux, un apprenti prêtre, soit la cible de la succube, sera-t-il suffisamment fort pour ne pas s’abandonner aux mille charmes troubles d’Erika Blanc ? (perso, je ne pourrais pas, mais c’est pour cela que j’ai renoncé à l’habit sacerdotal).


Alors on pourra toujours dire que le raccord entre les plans est parfois suspect, que la photographie n’est pas toujours irréprochable, que certaines séquences traînent un peu trop en longueur et que finalement l’intrigue est tout ce qu’il y a de classique, mais ce serait faire bien peu de cas du charme et de l’atmosphère qui se dégage de cette curieuse pellicule bis. 


La partition musicale, à la fois douce, sensuelle mais aussi inquiétante renforce l’aspect surréaliste du métrage. Les acteurs et actrices dans des rôles assez stéréotypés font leur métier avec talent, le montage se tient, et l’histoire est suffisamment prenante et parfois surprenante pour que l’on ne s’ennuie jamais.


Voilà, en tout cas, une très bon produit du début des années 70 et qui n’a finalement rien perdu de son attractivité, le temps lui donnant même une certaine patine délectable dans laquelle il serait bon de plonger ou de replonger.   


Chroniques d'ici ou d'ailleurs :

https://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/585-nuit-des-petrifies-la

http://www.horreur.com/index.php?q=node/3243

https://tortillapolis.com/critique-film-la-nuit-des-petrifies-jean-brismee-1971/

lundi 1 mars 2021

The Plague Of The Zombies - L'Invasion Des Morts-Vivants - John Gilling – 1966




 

Sous les pavées, la plague.


Le professeur en médecine Sir James Forbes se rend avec sa fille Sylvia dans un petit village de Cornouailles, à la demande de son ancien élève Peter Thompson, médecin dans le village et qui ne parvient pas à élucider les causes d'une mystérieuse épidémie ayant déjà engendré douze décès parmi la population. Les recherches des deux hommes vont les mener à découvrir les choses horribles qui se passent dans le village...

Seul long-métrage métrage de la Hammer mettant en scène des zombies, cette invasion représente un lien évident entre les «  anciens » et les futurs films de morts-vivants.

S’appuyant sur la tradition d’alors du zombie, créature issue du culte vaudou, totalement soumis à son maître, il reprend le concept déjà vu dans les classiques « White Zombie » (1932)  ou «  Vaudou » de Jacques Tourneur (1943). Il n’est pas encore cet être totalement autonome et avide de chair humaine qu’il deviendra deux ans plus tard dans le cataclysmique «  La nuit des morts-vivants »(1968).

Il dénote également une envie d’aller plus loin dans ce qui est montrable à l’écran, sans jamais réellement franchir le pas, à l’exception peut-être d’une formidable séquence onirique assez dure et effrayante et qui tutoie presque ce qu’osera tourner Romero dans son futur film.

Autocensure ? Peur d’aller trop loin ? En tout cas le temps ne semblait pas encore venu pour les dirigeants de la firme et pour ses auteurs.

Et c’est bien dommage ! Car le film se perd finalement assez vite dans de longues scènes de bavardages et dans la résolution d’une énigme toute « Holmésienne » qui tranche avec les impeccables scènes de rite vaudou et celles mettant en images les fameux morts-vivants.

Pas ennuyeux, loin s’en faut, mais décevant si l’on songe à ce que le film aurait pu devenir avec davantage d’audace.

John Gilling se permettant même une approche politique dans sa description du zombie, montré ici comme un prolétaire enchaîné à sa mine et à son maître, travaillant jusqu’à épuisement dans les tréfonds de la terre. Une manière de proposer un sous-texte social dans une oeuvre fantastique que ne renierait pas George A.Romero.

Une oeuvre « trait d’union » en somme.

Chroniques d'ici ou d'ailleurs :

https://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/425-invasion-des-morts-vivants-l

http://www.horreur.com/index.php?q=node/2672

https://tortillapolis.com/critique-film-linvasion-des-morts-vivants-john-gilling-1966/


dimanche 28 février 2021

Rasputin : The Mad Monk - Raspoutine : Le Moine Fou - Don Sharp – 1966




Le regard de Lee (à ne pas confondre avec la descente de Lee).

Tourné dans la foulée de « Dracula, Prince de Ténèbres », avec les mêmes acteurs principaux, mais avec un metteur en scène différent, cela dans le but de limiter les coûts de production (ah économie, économie !).

Se basant sur le personnage réel et sur la légende de Grigori Efimovitch Raspoutine, sorte de mystique errant (mais pas moine) qui réussit à s’introduire auprès de la famille impériale (à s’introduire profondément selon la légende) et à avoir une très grande influence sur les affaires même de la Russie d’alors. Il fut assassiné en décembre 1916. Il est depuis devenu un mythe, à la fois symbole de la déchéance morale de l’empire des Tsars, personnage aux pouvoirs de guérisseur et ogre que l’on évoque pour faire peur aux enfants.

De cela, la Hammer n’en conserve que le côté maléfique présupposé et n’en fait pas un film à vocation biographique ou historique, d’ailleurs la famille impériale y est présentée sous un jour tout à fait sympathique et non pas comme les tyrans qu’ils furent.

Le film repose entièrement, intégralement, totalement sur les épaules de Christoper Lee. Comme habité par son rôle, il livre une immense prestation. Tour à tour effrayant, enjôleur, charismatique, violent, pervers, manipulateur, il est prodigieux dans ce que l’acteur considère comme l’un de ses meilleurs rôles.

Si l’on ne peut lui donner tort d’un strict point de vue du jeu d’acteur, il n’en est pas de même d’un point de vue du film en lui-même.

On suit gentiment cette intrigue qui ne recèle que peu de surprises, mis en forme par un Don Sharp qui n’est à l’évidence pas Terence Fisher pour sa maestria de la mise en scène.

Ca tourne assez vite en rond, les séquences horrifiques sont fort peu nombreuses, alors qu’il y avait probablement matière avec un tel sujet à en monter plus et l’érotisme ambivalent et suggestif fait pâle figure en comparaison d’autres productions de la firme.

Tout juste peut-on mettre en rapport le regard hypnotique de Raspoutine avec celui du comte Dracula.

Un Hammer mineur certes, mais ne serait-ce que pour le regard d’une redoutable intensité de Christopher Lee...


Chroniques d'ici ou d'ailleurs :

http://www.sueursfroides.fr/critique/raspoutine-le-moine-fou-353

http://www.devildead.com/review/2727/rasputin-the-mad-monk-raspoutine-le-moine-fou 


samedi 27 février 2021

Dracula, Prince Of Darkness - Dracula, Prince Des Ténèbres - Terence Fisher – 1966




 

Dracula, animal traqué.


Neuf ans après le chef d’oeuvre intemporel «Le cauchemar de Dracula», Terence Fisher revient nous conter les aventures du vampire en chef Dracula. C’est le retour sur le devant de la scène « Hammérienne » du réalisateur après l’échec artistique (un peu) et commercial (beaucoup) de son fantôme de l’opéra et de l’invisible (en France) «La gorgone».

C’est aussi le retour, après plusieurs années de « bouderies » de Christopher Lee dans le rôle qui l’a rendu mondialement célèbre.


Plutôt que de faire un vulgaire copié-collé du film de 1958, Fisher prend le contre-pied des attentes du spectateur en livrant un métrage qui se veut presque le négatif du précédent.

L’absence de Peter Cushing et de son personnage de Van Helsing en est la preuve la plus visible, la flamboyante vision gothique laisse ici place à une ambiance beaucoup plus froide, voire austère. Fisher prenant de plus un malin plaisir à retarder au maximum l’apparition de Dracula, qui n’intervient qu’après plus de 45 minutes. Et lorsque celui-ci apparaît, on nous le montre non plus comme un noble puissant, charmeur et romantique, mais comme un pur animal uniquement guidé par son instinct de chasseur. Il ne dira aucune parole de tout le film, se limitant à des feulements lors de ses attaques. Certains y ont vu et y verront une trahison de l’image même du comte, d’autres y verront la volonté de donner une autre direction au personnage imaginé par Bram Stoker.


Quoi qu’il en soit, la première partie (avant l’apparition du maître vampire) est prodigieuse d’intensité, le fait de savoir qu’il va forcément apparaître et l’attente de celle-ci dénote tout le talent de Fisher dans sa volonté de créer un réel climat d’angoisse et de suspense (la comparaison avec Hitchcock n’est ici pas vaine !).


La suite est peut-être moins convaincante, la mort de Dracula moins aboutie sur le plan visuel, mais deux scènes au moins marquent encore les esprits.

Celle de la résurrection du comte, d’une sanglante beauté et d’une cruauté jamais vue encore à l’écran jusque là. On ne peut douter qu’elle a dû marquer les esprits de l’époque.

Quant à celle de la mort de la vampire Hélène, jouée par la divine Barbara Shelley, sexy à mort dans son déshabillé au décolleté pigeonnant, et à qui on enfonce un pieu dans le coeur de manière brutale et surtout non suggérée, elle démontre qu’un nouveau palier dans ce que l’on peut montrer à l’écran est allègrement franchi.

Inférieur au cauchemar de Dracula, sans aucun doute, mais un grand film vampirique tout de même.


Chroniques d'ici ou d'ailleurs :


https://tortillapolis.com/critique-film-dracula-prince-des-tenebres-terence-fisher-1966/

http://www.horreur.com/?q=nid-2660/dracula-prince-des-tenebres-dracula-prince-darkness-1966-terence-fisher

vendredi 26 février 2021

Fanatic Aka Die ! Die ! My Darling !- Silvio Narizzano – 1965




 

Fallait pas y aller !


Une jeune étasunienne arrive à Londres pour se marier. Elle décide cependant, avant cela, de rendre une visite de courtoisie à la mère de son ex-fiancé, tragiquement décédé dans un accident de la route quelques années auparavant.

La plus mauvaise décision de sa vie, cela sera...


Scénarisé par le grand Richard Martheson himself, « Fanatic » est une sympathique réussite et une curiosité à découvrir à n’en pas douter.

Cela commence comme une comédie légère, pour se transformer peu à peu en thriller psychologique étouffant.


Le réalisateur canadien Silvio Narizzano (qui a surtout travaillé pour la télévision), réussissant à installer une ambiance lourde et oppressante avec peu de moyens, dans un lieu quasi-unique. Construit autour de la figure maternelle confite dans sa folie religieuse, le métrage n’est pas sans rappeler des oeuvres récentes comme «Misery», «American Ghotic » ou plus ancienne comme « Carrie » ou « The collector » (sorti également en 1965).


« Fanatic » recèle de beaux moments de violence éclairés au travers de filtres verts, rouges et bleus à la façon d’un Mario Bava ou d’un Dario Argento période « Inferno »/ »Suspiria ».


Il vaut surtout par le jeu consistant de la poignée d’acteurs qui peuplent les lieux. Un tout jeune Donald Sutherland (oui le père de cette truffe de Jack Bauer !) en débile consanguin, une Stéphanie Powers impeccable en frêle proie et dont à du mal à croire qu’elle ait pu sombrer dans la « navrance » télévisuelle que représente « Pour l’amour du risque », série « culte » des années 80 (L’amour du risque, Jonathan et Jennifer, les justiciers milliardaires, tout ça…) et surtout, surtout la grande Tallulah Bankhead dans un de ses derniers rôles, irascible, plongée dans son chagrin depuis la mort de son fils.


Les amateurs de thriller psychologique tendu devraient apprécier.


Chroniques d'ici ou d'ailleurs :


https://cinedweller.com/movie/fanatic-la-critique-du-film/

https://tallulahbankhead.weebly.com/die-die-my-darling.html