Le cinéma actuel m'emmerde, donc c'était mieux avant.
Des centaines de VHS, des centaines de DVD, des dizaines de V-2000, quelques Blu-Ray et même trois Laser-disc.
Objectif ? Tout revoir et chroniquer ces films avant la fin du millénaire.
Et si possible démontrer que le soleil est rouge et qu'il se lève à l'EST ( mais ça on le sait déjà).
Des insupportables
conditions de vie d’un immigré clandestin venu se faire opérer
afin de récupérer ses doigts suite à une épidémie de lèpre
porcine dans son pays.
Ne parlant pas la
langue, il est de plus confronté au mal du pays et en particulier de
sa maison.
Heureusement, il
deviendra champion du monde de vélo au clair de lune.
Voici les aventures d’un homme bon, juste et catholique pratiquant jusqu'au fond de son slip, perdu au milieu d’une communauté dissolue, licencieuse, concupiscente et adorateur d’un Dieu celte de l’ancien temps.
Le sergent Neil Howie débarque sur une île écossaise nommée Summerisle, afin d'enquêter sur la disparition d'une enfant, disparition signalée par une lettre anonyme accompagnée de la photo de la petite fille. A peine arrivé, il se heurte à des autochtones peu accueillants et réticents à collaborer à l'enquête.
Là où le film s’avère
particulièrement savoureux, c’est qu’il va contraindre le pauvre
policier à plonger de plus en plus profondément dans ce qui
représente pour lui une sorte de purgatoire, si ce n’est l’enfer
sur terre. Confronté à des us et coutumes qu’il croyait perdus
dans la nuit des temps, il se retrouve face à des hérétiques, qui
de surcroît vont prendre ses croyances avec une immense
condescendance. Le marginal c’est lui, et cela il va bien avoir du
mal à l’avaler.
Sous des dehors d’enquête policière
banale, c’est à un basculement des valeurs que l’on assiste,
mais aussi à une sorte de respect des différences. Evidemment The
Wicker man ne se veut pas un film sociologique ou anthropologique, il
reste avant tout un divertissement surprenant où l’ironie,l’humour
parfois mordant, les chansons,les dialogues s’enchaînent pour
créer à chaque fois une nouvelle surprise et une singularité
cinématographique rarement vue que ce soit avant ou après,
culminant dans un final cruel, amoral, curieusement lyrique et
justifié par ce qui précède. The wicker man va au bout de son
concept en ne sacrifiant pas la fin sur l’autel du bon goût et de
la morale, c’est ce qui le rend diablement subversif.
The wicker man a connu un début de carrière particulièrement difficile. Amputé d’une quinzaine de minutes par des producteurs peu scrupuleux, perte des négatifs dont une partie est probablement enterrée sous une autoroute qui jouxte les studios de production d’alors, mal distribué, il a néanmoins connu un immense succès non seulement en Grande-Bretagne mais aussi aux USA par le bouche à oreille, des critiques positives et un statut de film maudit.
Angleterre, années 1980. Trevor, 16 ans, une croix gammée tatouée entre les yeux, sort du tribunal. Il vient d'être condamné pour vols, violences et dégradations. En route vers le centre pour jeunes délinquants, son tuteur Harry Parker tente de le convaincre de changer de voie. Mais Trevor a accumulé trop de violence en lui. Consumé par la haine et l'amertume, il va suivre un tout autre chemin…
Et le personnage que joue Tim Roth apparaît à l'écran, sauvage, violent, sur une musique punk dévastatrice.
En plein Tatcherisme de sinistre mémoire ( j'espère qu'elle continue à brûler en enfer, celle-là), il représente la métaphore de la haine des classes populaires de ceux qui ont été brisés par le système éducatif et politique mis en place.
Filmé au plus près du protagoniste, Alan Clarke arrive à nous faire ressentir le trop plein d’énergie d'un jeun homme qui ne se sent pas à sa place dans cette société et qui va s'enfoncer inexorablement vers un destin qu'il connaît mais refusant toutes concessions, qu'il accepte.
Pas de porte de sortie pour ce petit con, cette merde auto-révendiqué, qui conchie le monde qui l'entoure. Totalement nihiliste et punk, Made in Britain donc. Bollocks !
A côté, un film comme American History X, sur le même thème, peut aller se rhabiller.
Grand film d'un cinéaste trop peu connu, encore un.
Multi adapté à l’écran, cette version Fisherienne du roman d’Arthur Conan Doyle est probablement l’une des plus abouties au moins en termes visuels, elle est en tout cas la première à être tournée en couleur.
La beauté de la photographie frappe dès les premiers instants et installe le spectateur dans un univers gothique cohérent en adéquation avec celle émanant du livre, pour évoquer les raisons de la malédiction pesant sur la famille Baskerville.
La rude lande anglaise fait froid dans le dos, les décors du château des Baskerville sont somptueux, évoquant toute l’austérité Victorienne de l’époque.
Les personnages sont tout autant campés avec profondeur, Cushing est remarquable en Sherlock Holmes énergique et bondissant, Christopher Lee sort pour une fois de ses rôles de monstres pour camper un Sir Henry victime d’un complot diabolique, les seconds rôles sont tout aussi aboutis dans leurs psychologies, une mention spéciale allant à l’interprétation d’un certain Miles Malleson en pasteur rigolard et adepte de la bouteille.
Si Fisher prend quelques libertés avec l’œuvre originale, si le côté infernal de la bête qui hante la lande aurait probablement pu être plus présent et plus original que de simples hurlements lugubres et si le dénouement est un peu décevant dans sa forme et dans sa rapidité, nul doute que ce Chien des Baskerville là, n’est pas prêt de perdre son statut de classique d’adaptation des « aventures Holmesiennes ».
Lulu Massa est un ouvrier consciencieux
et acharné au travail. Employé des usines BAN, il est haï par ses
collègues auxquels, par son zèle, il impose des cadences
infernales. Il n'est guère plus apprécié des syndicats. Lorsque,
par manque de précaution, Lulu provoque un accident du travail qui
lui fait perdre un doigt, ses revendications sociales changent
subitement. Bientôt à la tête d'un mouvement de rébellion
ouvrière, il s'allie à des étudiants gauchistes et se retrouve
mêlé à une manifestation d'ampleur. Mis à pied, Lulu lutte tant
bien que mal contre la folie qui le gagne.
De l'aliénation d'un ouvrier par son
travail et sa machine qui, à la suite d'un accident, prend
conscience de sa servitude volontaire et de son état de quasi
esclave.
Au départ, Lulu n'a aucune forme de
réflexion, il fait juste ce qu'on lui demande, il travaille comme un
stakhanoviste afin de gagner un peu plus que sa maigre pitance et
avec s'acheter des conneries qui ne servent à rien (soit ce que font
la plupart des gens, non?),
Du coup, il est tellement abruti par sa
tâche qu'il ne peut que, le soir, regarder la télévision (autre
facteur majeur de l'aliénation des masses) , dormir et n'arrive même
plus à faire l'amour à sa compagne ( qui est pourtant fort
désirable). Bref, il a une vie de merde mais il ne s'en rend pas
compte et en est même plutôt satisfait et fier. Il pense que ses
collègues de travail sont jaloux de lui, il n'entend ni les
syndicats réformateurs, ni les étudiants révolutionnaires qui
l'exhortent à regarder la réalité en face, ni les manœuvres de
la direction afin que les ouvriers augmentent encore et toujours la
productivité. Et puis, survint le drame, il se coupe un doigt dans
sa machine et prend conscience de son aliénation et de la condition
de la classe ouvrière.
Dis comme ça, on pourrait s'attendre à
une œuvre qui frôle le parcours initiatique à tendance Marxiste,
avec cet ouvrier qui brise enfin ses chaînes et va latter du
bourgeois et du patronat pour enfin, comme le dit le titre, accéder
au paradis.
Sauf qu'Elio Petri, grand réalisateur
très, trop méconnu de nos jours, livre un constat amer mais juste
que les choses sont bien plus compliqués et qu'il ne suffit pas de
prendre conscience de ses problèmes pour les résoudre. Pire !
Mieux vaudrait finalement rester ignorant, « bienheureux les
simples d'esprit » en quelque sorte.
En effet, après un parcours qui va le
mener à se battre, à être virer, puis réintégrer dans l'usine,
il n'aura fait finalement que tourner en rond et sera revenu à son
point de départ, avec en plus la connaissance lucide de son état.
Horrible. La vision d'Elio Petri est d'un pessimisme total.
La séquence finale résume,
d'ailleurs, le propos, lorsque Massa raconte un rêve qui a valeur de
métaphore . Dans ce dernier, il se retrouve, lui et ses
Camarades au pied d'un mur qu'on les empêche de franchir et
derrière lequel se trouve, ni plus ni moins, que le paradis !
Ils parviennent à faire tomber le mur
et se retrouve dans le brouillard. Puis peu à peu celui-ci se lève
et ils finissent par tomber sur eux-mêmes ! De quoi ouvrir le
gaz !
Certes les conditions de travail se
sont souvent améliorer dans nos contrées ( mais elles existent
encore ailleurs), néanmoins l'aliénation à un travail répétitif,
vain et qui n'a d'autres buts que de créer de la richesse pour ceux
qui détiennent les moyens de production et les actionnaires
restent , malheureusement, plus que jamais d'actualités.
Travailleurs , Travailleuses, on vous
ment, on vous spolient !
La philosophie
transcendantale Vandammienne comme concept de base mise au service
d’une réflexion tautologique sur le moi au travers de la déraison
fondamentale de l’existence humaine.
Au travers d’une
intense mise en abîme de l’épistémologie phénoménologue
déstructurante des ses plus grandes citations, JCVD introduit la
déraison comme concept ultime de la pensée macro sidérale.
L’absence de scène
de grand écart facial déconstruit le mythe réducteur que les
médias font du grand philosophe belge.
Une prouesse
auto-lésioniste que retiendra la raison elle-même.
Sinon, le film est très malin et qui se regarde avec le sourire. C'est, aussi selon moi, le meilleur film de Van Damme où la séquence d'interrogation existentielle vaut son pesant de cacahuètes.