Au volant de sa voiture, un homme ganté de noir prend comme
passagère une demoiselle qui n’aurait, à l’évidence, pas dû parler aux
inconnus. Elle sera violée et assassinée dans un sous-bois qui passait par là.
En apprenant ce meurtre, la jolie Mine se remémore son passé et sa relation
violente et sado-masochiste avec un certain Tarik. Très vite, le tueur semble
tourner autour de l’entourage de la jeune femme. La réapparition de Tarik en
fait un coupable tout désigné.
Pompage éhonté d'un film italien de Sergio Martino. Tourné à
l'arrache, monté avec les pieds, ce film turc est tellement mauvais qu'il en
deviendrait presque fascinant.
A voir en parallèle avec l'oeuvre original, histoire de
rigoler un brin
La découverte ou la redécouverte du cinéma bis turc apporte
inlassablement son lot d’étonnement, parfois d’émerveillement et très souvent
d’incrédulité devant l’audace toute particulière de ces productions. Faisant fi
des droits d’auteurs, ne manquant jamais d’air pour pomper les oeuvres au moins
aussi vite que les Shadocks pompaient le cosmogol 999, tout un pan de ce cinéma
ne s’emmerde donc pas avec les convenances.
Les amateurs n’auront pas manqué de scruter l’oeil hagard, la bave aux lèvres
et les rictus en éveil, les Seytan (« relecture » iconoclaste de l’exorciste) ,
Turkish Star Trek et son Spock aux oreilles démesurées et aux sourcils qui
rendraient malade de jalousie Emmanuel Chain. N’omettons pas les multiples
Tarkan, Süpermen, Kilink (révision bosphorienne de Kriminal, célèbre héros des
fumettis italiens), et bien entendu la perle des perles : l’incunable et
incomparable « Turkish Star Wars» qui mériterait à lui seul que la Turquie
accède dans la seconde à l’Europe !
En revenant à nos moutons Anatoliens, on découvre avec stupeur que ce Aska
susayanlar seks ve cinayet (faut se mettre au turc si vous voulez apprécier le
séjour dans les prisons de ce beau pays) n’est ni plus, ni moins qu’un remake
écourté d’un grand giallo italien de Sergi Martino : «L’étrange vice de Mme
Wardh» avec la sublime Edwige Fenech.
Après tout, pourquoi seuls les Etatsuniens auraient le droit
de piquer les idées des autres pour les réadapter à leur public gavé de
coca-cola tiède et des pop-corn mous ! C’est vrai quoi, merde !
57 minutes pour reprendre la quasi-intégralité du scénario des 95 minutes du
film de Martino.
Les scènes principales sont toutes présentes, l’intrigue est
la même, mais menée à une telle vitesse que l’on ne peut jamais s’intéresser à
la psychologie des personnages et en particulier à celle centrale de Mine. Mais
c’est bien là, à l’évidence, le cadet des soucis du réalisateur et ce sera le
cadet des soucis du spectateur potentiel.
En effet, les acteurs sont au mieux médiocre, Mine est jouée par une actrice
certes très mignonne, mais qui n’a pas dû s’attarder longtemps dans les
couloirs des cours du soir théâtraux stambouliote.
Le reste est un bordel sans nom. La mise en scène est inexistante, je pose ma
caméra et j’attends que les acteurs fassent leur boulot. Le montage est atroce,
coupant systématiquement les scènes avant qu’elles n’arrivent à leur terme
naturel. La continuité ne fait apparemment pas partie du petit manuel du
parfait metteur en scène turc. La bande son est composée de morceaux piqués
ailleurs avec une prédominance de celle de l’original, mais sans aucune
tentative de l’imbriquer correctement avec les images.
De coup, on s’amuse à traquer les incongruités plus qu’à regarder le film en
soi. Et c’est plutôt rigolo de voir combien le film tente de reprendre au plan
exact les scènes fétiches de l’original, mais avec une telle naïveté et une
telle absence de talents, que l’on en reste bouche bée.
Les séquences érotiques deviennent presque vulgaires, les retournements de
situations tombent comme un cheveu dans la soupe ( qui a dit une couille dans
le potage ? ), le tout dans une totale absence du suspens qui caractérisait le
film italien.
Alors, oui c’est un mauvais film. Il n’a même pas pour lui le second degré ou
la rigolarde volonté de certaines productions bis turques citées ci-dessus.
Un film singulier, certes. Rigolo, si on est bien
luné.
A réserver aux complétistes de gialli et/ou aux fans hardcores de métrages
définitivement autres, ne serait-ce que pour savoir combien de méchants Tarik
éli..Mine, jusqu’où la violence cul...Mine et surtout, surtout, si Tarik
porte-Mine.
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