lundi 22 février 2021

Nightmare - Meurtre Par Procuration - Freddie Francis – 1964





Tel est pris qui croyait prendre et inversement.


 Nightmare se situe dans la même grille scénaristique que le « Paranoiac » tourné la même année par le même réalisateur et pratiquement la même équipe (à cette époque là, ça bossait dur !). Folie, manipulation, intérêt, rebondissements, les ingrédients sont les mêmes ou presque. Pourtant, « Nightmare » séduit, intrigue et propose quelques remarquables séquences «  oniriques » lors de sa première partie.


Janet est une jeune femme traumatisée par ce qu’elle a vu à l’âge de 11 ans et on le serait à moins. Elle a en effet assisté à la mort de son père, poignardé par sa mère dans un accès de folie. Sa mère se trouve dès lors enfermée dans un hôpital psychiatrique et la pauvre Janet est terrorisée à l’idée de reproduire un jour le geste de sa génitrice. Elle fait des cauchemars d’une rare virulence où petit à petit le rêve tend à se rapprocher de la réalité.

La moitié du film est construite autour de Janet, va-t-elle basculer dans la folie ? Son exécuteur testamentaire, l’infirmière qui s’occupe d’elle, les domestiques semblent, au petit soin, pourront-ils la sauver ?


Au beau milieu du film, alors que l’on croit que tout est joué, celui-ci bascule vers un thriller typique de l’époque et lorgnant toujours entre Hitchcock et Clouzot. Le suspense est haletant et ce jusqu’à une conclusion forcément inattendue quoique totalement logique.

La séquence d’ouverture vaudrait presque à elle seule de visionner ce « Nightmare », le reste ne décevant pas, s’articulant autour d’un scénario carré et précis de l’éternel Jimmy Sangster, d’une poignée d’acteurs impeccables et d’une tension toujours présente.


Chroniques d'ici ou d'ailleurs :

https://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/1211-meurtre-par-procuration#:~:text=Ces%20%C3%A9l%C3%A9ments%20r%C3%A9unis%20am%C3%A8nent%20%C3%A0,d'un%20casting%20de%20qualit%C3%A9.&text=V%C3%A9ritable%20diamant%20noir%20de%20la,essentiels%20%C3%A0%20la%20folie%20ambiante.


http://cinemafantastique.net/Meurtre-par-procuration.html



 

The Curse Of The Mummy's Tomb - Les Maléfices De La Momie - Michael Carreras - 1964




 

La malédiction du patron.


Une expédition archéologique, menée par le professeur Dubois, qui est accompagné par sa fille Annette et son fiancé John Bray, ainsi que par l’éminent égyptologue Sir Giles, met à jour la tombe du Prince Ra-Antef. Evidemment, celle-ci serait porteuse d’une malédiction, qui voudrait que les profanateurs de tombes soient victimes d’une momie ressuscitée, est-elle en marche ?


Second métrage de la Hammer mettant en scène les aventures de l’enturbanné intégral, ce dernier a la particularité d’être mis en scène par l’un des big boss de la firme britannique : le sieur Carreras, producteur de son état, et qui se retrouve ici derrière la caméra (chose qu’il fera quelques fois, probablement pour économiser sur le budget).


Otons in petto tout suspense, la réponse à la question est évidemment oui (non ? mais si, mais si). Une terrible et séculaire malédiction va s’abattre comme la misère sur le pauvre monde sur ceux qui ont eu la mauvaise idée d’ouvrir le sarcophage. Jusque là, rien de bien étonnant, on est dans un film de momie, et c’est la moindre des choses.

Sauf que notre amie l’emmaillotée se fait attendre longtemps, très longtemps, une cinquantaine de minutes (sur un film d’une heure vingt-cinq, ça fait long l’attente, on se croirait chez le médecin alors qu’on a super mal !). Pour meubler, le spectateur devra tout de même s’empiffrer d’incessantes palabres, le classique flashback nous contant l’histoire de la «  création » de la momie à la glorieuse époque des pharaons et du complot ourdi contre lui, etc.


La mise en scène est banale, les décors font bien ressortir le carton-pâte et l’on s’ennuie pas mal, du moins jusqu'à l’apparition de notre cerbère à bandes. Assez mignonne dans ses bandelettes, mais dotée d’un caractère de cochon comme il se doit. Le dernier quart du film s’anime alors, et possède même quelques petites surprises comme cette tentative de la police d’arrêter la créature avec un filet (assez cocasse) ou la révélation sur le personnage tirant les ficelles (enfin les bandes) et qui pour une fois n’est pas le gardien du tombeau.


Ca fait quand même maigre, même si on peut toujours regarder avec gourmandise le joli sourire de Jeanne Roland et constater que le rôle de l’ambassadeur égyptien est toujours tenu par le même acteur que dans «  La malédiction des pharaons », c’est toujours ça.

Un minuscule Hammer donc


Chroniques d'ici ou d'ailleurs :

http://www.horreur.com/?q=nid-2915/malefices-de-la-momie-les-curse-mummys-tomb-1964-michael-carreras

http://www.sueursfroides.fr/critique/les-malefices-de-la-momie-1504


dimanche 21 février 2021

Tokyo tribe - トウキョウ トライブ- Sono Sion – 2014




 

Tribalisme Tokyoïte et concours de beat

Dans un Tokyo "futuriste", une immense guerre des gangs fait rage et divise la ville en quatre clans qui veulent imposer leurs règles. À la tête de deux bandes, deux anciens amis rivalisent et les rancœurs et sentiments personnels viennent se mêler aux affrontements des hommes dans un chaos toujours grandissant.

Après avoir, entre autres revisité le drame social (Suicide Club et Norikko's dinner table), le film de fantôme asiatique (Exte : Hair extensions), la perversion, l'amour et la folie (Love Exposure), le film de serial-killer (Cold Fish), la comédie ultra-violente (Why don't You Play in hell?), l'érotisme trash (Guilty of Romance), la critique sociale et le nucléaire (The land of hope) et avent le Pinku-eiga (Antiporno), Sono Sion nous sert ici, basé sur un manga, une comédie musicale d'action à base de mélodies rap, de hip-hop, de gangsters, de kung-fu et de sexe frelaté,

L'intrigue et le scénario étant, volontairement, ultra simplistes, pour ne pas dire bâclés à l'extrême ( la cause principal de cette guerre des clans étant due, littéralement, à une simple histoire de taille de bite), dans le but de mettre en avant les innombrables scènes de combats et d'actions, rondement chorégraphiées où ça découpe, ça taillade, ça gicle, ça saigne à gros bouillons, tout en dansant et chantant façon gigantesque clip musical gangsta-rap.

Les personnages sont tous caricaturaux, haut en couleur pourrait-on dire, le rythme est endiablé, l'esthétique photographique est kitsch au possible permettant de rendre méconnaissable un Tokyo de pacotille, colorés et sous-acide.

Quelques clins d’œil à des œuvres comme « Les guerriers de la nuit », « Orange mécanique », "West Side Strot" les films de Bruce Lee ou encore « Kill Bill » parsèment les aventures de ces bandes sauvages luttant pour le contrôle de Tokyo dans un joyeux bordel oscillant sur la corde raide entre le jouissif et le débile.

Un film absurde en soi que la maîtrise des plans séquences chorégraphiés et chantés de Sono Sion, rend remarquablement fluide, punk, grossier, vulgaire et libérée de toutes contraintes où la jouissance du pur divertissement décomplexé ( avec éventuellement un petit message politique en arrière fond) est un but en soi.

Un film foutrement singulier, comme quasiment tous ceux sortant du cerveau malade et génial de Sono Sion.

Chronique d'ici ou d'ailleurs :

http://www.filmdeculte.com/cinema/film/Tokyo-Tribe-5243.html

http://mondocine.net/tokyo-tribe-de-sion-sono-la-critique-du-film/


Bienvenue à Tokyo :



samedi 20 février 2021

The Gorgon - La Gorgone - Terence Fisher - 1964





Gorgone to be wild.


Un des films les plus méprisés de Terence Fisher, qui n’eut d’ailleurs droit qu’à une sortie confidentielle au cinéma en France. Et l’on se demande bien pourquoi un tel mépris !

Heureusement le temps finit toujours par redonner aux choses leurs couleurs d’origine (oui, c’est beau) et permet de faire fi des quolibets sur les effets spéciaux de la Gorgone jugés comme ratés (ce dont on se fout royalement, sinon on irait voir le dernier Emerich ou ce genre de gros machin qui fait mal à la tête, ça c’est fait).


Au début du XX ème siècle, dans un endroit rural sis en Allemagne, des meurtres étranges sont perpétrés. Les victimes sont découvertes pétrifiées (changées en pierre, de celle qui n’amasse pas mousse lorsqu’elle roule). Les autorités locales (et en particulier le Dr Namaroff/Peter Cushing) tentent d’étouffer l’affaire et vont jusqu’à condamner un homme qui n’y est pour rien. Le père de la victime aidé par le professeur Meister (Christopher Lee) vont mener l’enquête jusqu’à découvrir la vérité.


Beau comme un torrent de rivière qui coule à nos pieds un soir d’été, la Gorgone est l’un des plus beaux exemples de l’incroyable talent photographique de la Hammer. Les décors sont sublimés par celle-ci et répondent à merveille à une intrigue d’une très grande poésie où l’amour est le maître mot.

N’allez pourtant pas croire qu’il s’agit d’un film à l’eau de rose, on en est loin, l’amour ici se déclinant plutôt à la manière des plus cruelles tragédies grecques ou au final tous les protagonistes perdront ce à quoi ils tiennent le plus.


La force du film tient avant tout (comme très souvent chez le cinéaste britannique) dans l’épaisseur de ses personnages. On ne peut que très vite entrer en sympathie et en empathie avec eux. Peter Cushing, qui tente de protéger celle qu’il aime et qui semble ne pas envisager autre chose que le pire, est colossal. Christopher Lee prouve une fois de plus qu’il n’est pas simplement le comte Dracula mais qu’il a un large éventail de comédien. Et que dire de la divine Barbara Shelley, autour de qui tout semble tourner (les têtes surtout !).


Un des plus beaux et plus poignants films fantastiques de la firme britannique.


Chronique d'ici ou d'ailleurs :

https://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/1489-gorgone-la

http://www.horreur.com/?q=nid-4459/gorgone-la-gorgon-1964-terence-fisher

https://tortillapolis.com/critique-film-la-gorgone-terence-fisher-1964

vendredi 19 février 2021

Peninsula - Sang-Ho Yeon - 2020

 




Enfer sud-coréen, paradis nord-coréen.

Pour changer, un film récent, très récent même.

Après le très bon « Dernier Train pour Busan », le sieur Sang-Ho Yeon nous offre ici la suite de ses aventures épidémiques à base d'infectés (et non pas de zombies comme écrit, trop souvent, à tort) où l'on découvre, quatre ans après les événements du précédent film, une Corée du Sud ravagée par le virus, devenue une prison à ciel ouvert, alors que la grande Corée du Nord et son système communiste à nul autre pareil, se porte bien… elle. De là à dire que Kim Jung Un est un grand leader, il n'y a qu'un pas mais passons.

Sorte de patchwork, plus ou moins réussi, d'oeuvres connues et/ou matricielles du cinéma d'horreur et/ou d'action, Peninsula puise allégrement dans « New-York 1997 », « 28 jours plus tard », « Land of the dead » et surtout Mad Max (en particulier les opus 3 et 4).

Si ce film conserve quelques liens avec son prédécesseur comme le final mélodramatique, il perd en grande partie le charme qui faisait la réussite du « Busan  et de son train », par un surcroît d'action, de personnages souvent à peine esquissés dans leur humanité ou carrément caricaturaux. Pour l'empathie avec eux, on repassera.

On suit, néanmoins, avec un certain plaisir les aventures de cette poignée de personnages plongée en plein cauchemar, jusqu 'à ce qui se veut« l'acmé » du film (on se demande même si le réalisateur n'a pas construit son film juste pour cette séquence), à savoir la longue course-poursuite en véhicules « madmaxiens » qui s'y elle est rondement menée à plus avoir avec une cinématique de jeu-vidéo qu'à des plans cinématographiques. C'est certes impressionnant mais ça donne un goût amer à l'amateur de non utilisation de CGI et autres effets numériques que je suis.

Beaucoup d'idées laissées en plan (« les jeux du cirque » version infectés) ou escamotées (la scène du minuteur), pas mal de ficelles scénaristiques.

Bref, spamal, mais pas de quoi en faire un fromage et puis le happy-end final, on s'en serait bien passée au profit du pessimisme de bon aloi du train Busanien,

Le camarade Kim regardant le film:



Chronique d'ici ou d'ailleurs :

https://www.leblogducinema.com/critique/peninsula-la-suite-ratee-de-dernier-train-pour-busan-critique-5501244/

https://www.critikat.com/actualite-cine/critique/peninsula/



The Evil of Frankenstein – L’empreinte de Frankenstein – Freddie Francis – 1964





Retour vers le futur : Universal touch. 


Troisième film de la Hammer consacré au baron Frankenstein et à sa créature, « L’empreinte de Frankenstein » n’est en rien la suite de «Le retour de Frankenstein» (qui lui-même était la suite de « Frankenstein s’est échappé», vous suivez ?). Il s’agit à l’évidence pour le studio britannique de revenir (pour un temps du moins) à une vision proche de celle de la Universal des années 30 et 40 (on a d’ailleurs parfois l’impression de se trouver face à un remake en couleur de « La maison de Frankenstein » de 1943 avec Boris Karloff).

Si l’on excepte la qualité toujours évidente de la photographie et la beauté victorienne des décors, on reste nettement en deçà du diptyque Fisherien qui le précède.

C’est un truisme (qui n’est pas le mâle de la truie, vu que c’est le cochon et que l’on ne peut utiliser le terme de « cochonisme».) que de le dire, mais Freddie Francis n’est pas Terence Fisher (en tout cas il ne semble pas, sur ce film-ci, avoir une vision personnelle du mythe, c’est peut-être la raison de son choix), le scénariste John Elder (pseudonyme du producteur Anthony Hinds) n’est pas Jimmy Sangster.

Le baron Frankenstein est obligé de fuir l’endroit où il continue vaille que vaille ses expériences. Il décide alors, avec son assistant, de retourner dans son château familial à Karlstadt (d’où il avait été chassé à la fin de «Frankenstein s’est échappé »). Par miracle, il découvre sa créature conservée dans la glace et décide de lui redonner vie grâce à un hypnotiseur.

Le retour aux sources « Universal » du mythe prend tout d’abord forme sous les traits «Karloffien» du monstre, mais en moche, très moche, pour ne pas dire raté, avec un immense front proéminent dans lequel on pourrait facile ranger tout le laboratoire du docteur. Le visage terreux, il fait plus peine que peur à voir. On a aussi droit à une longue séquence en flashback du réveil initial de la créature (avec la foudre et tout le tremblement), les paysans lyncheurs, le vol d’objets sacrés, etc.

Là où le métrage s’avère un tant soit peu original, c’est dans le rôle donné à l’hypnotiseur, seul capable (la foudre ayant décidé de tomber ailleurs en ce funeste jour) de donner l’étincelle de vie capable de réanimer le bestiau. Il va en profiter pour lui ordonner de n’obéir qu’à lui seul (ce qui va bien agacer notre cher Peter Cushing). Evidemment le monstre se retournera contre lui.

En parlant de Peter Cushing, il est, comme d’habitude, excellent (rien de neuf là non plus).

Le film s’avère néanmoins distrayant et se suit avec un relatif intérêt. Peut-on tout de même parler d’un coup pour rien ? On peut mais c’est vous qui voyez !

 Chronique d'ici ou d'ailleurs :


https://tortillapolis.com/critique-film-lempreinte-de-frankenstein-freddie-francis-1964/

http://www.sueursfroides.fr/critique/l-empreinte-de-frankenstein-321

samedi 13 février 2021

Le Manoir aux fantômes - The Old Dark House - William Castle – 1964




La nuit comique de tous les mystères.


Voilà un film bien curieux et original, mélange iconoclaste de l’humour de William Castle et de l’ambiance gothique de la Hammer.

« The Old Dark House » est en effet une comédie (vrai-faux remake d’un métrage éponyme de 1932) . Une comédie horrifique certes, mais avant tout une comédie satirique à l’humour déjanté et parfois noir.

Le réalisateur William Castle est mondialement connu pour son excellent « La nuit de tous les mystères »  en 1959, mélange adroit d’horreur kitsch et d’humour british distillé à merveille par le géant Vincent Price.

« The Old Dark House » évolue dans la même veine, mais avec tout de même beaucoup moins de bonheur. La comédie prenant presque totalement le pas sur l’horreur, le subtil alliage se fissure dès lors rapidement.

Tom, un concessionnaire de voitures états-uniens reçoit une étrange invitation d’une de ses connaissances (un millionnaire lunatique et farfelu répondant au doux nom de Casper). Il doit se rendre avec son véhicule au Pays de Galles dans une étrange maison. Une fois sur les lieux, il fait la connaissance de la famille de Casper, tous plus fondus de la boite crânienne les uns que les autres (une sorte de famille Adams light).

Chaque membre de la famille se doit en effet d’être présent tous les soirs à minuit dans une des pièces de la maison, sous peine d’être déshérité et ce jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un.

Les meurtres vont dès lors s’enchaîner afin d’éliminer les prétendants.

Certains passages sont assez hilarants (à condition de maîtriser un tant soit peu l’anglais, le film étant bavard), les personnages bien campés dans leur folie douce (une nymphomane, un maboule qui crée une nouvelle arche de Noé en attendant le déluge, des jumeaux psychotiques, un muet prognathe....) ; mais cela tourne assez vite en rond.

Si les décors reflètent à l’évidence l’influence Hammer, si l’on suit les mésaventures de la famille avec un relatif intérêt et si la fin est ironique, on est largement en deçà de l’original de 1932 et on s’ennuie quand même très vite. Un tout petit Hammer.

Le film est disponible en zone 1 chez Sony Pictures, mais uniquement dans un coffret regroupant huit films de William Castle et sans aucun sous-titres (même anglais ou serbo-croate).  

 Chroniques d'ici ou d'ailleurs :


https://thebooksofdaniel.com/2020/01/21/the-old-dark-house-william-castle-and-hammer-film-productions-version-of-an-old-james-whale-classic/


https://horrornews.net/77177/film-review-the-old-dark-house-1963/